Votre nouvel e-shop de créations artisanales

Pourquoi est-il si difficile de consommer local en Guadeloupe, malgré notre richesse vivrière ? (1/2)

pourquoi difficile consommer local en guadeloupe que faire importation exportation fruit vivriere locaux alimentation autonomie af


La Guadeloupe regorge de trésors : une nature généreuse, une biodiversité unique, un savoir-faire agricole bien ancré… Et pourtant, près de la majorité des aliments qu’on met dans nos assiettes vient d’ailleurs ! Un vrai paradoxe, non ? Comment en est-on arrivé là, alors que notre terre déborde de fruits, légumes, tubercules, épices et de traditions culinaires ? Et surtout, comment peut-on renouer avec une alimentation plus locale, plus éthique et plus résiliente ?

Une richesse vivrière réelle… mais fragilisée

Depuis l’époque coloniale, l’économie locale a été pensée pour l’export : canne à sucre et bananes en tête d’affiche. Résultat, les cultures vivrières sont longtemps restées en arrière-plan. 
Concernant notre production fruitière locale, elle s’essouffle dangereusement : –50 % en volume et –23 % en surface en dix ans, ouvrant toujours plus grand la porte aux importations.

Les ananas et les agrumes, frappés de plein fouet par les maladies, s’effacent peu à peu du paysage divisant leur production par deux en 10 ans (de 2010 à 2020). 
La filière repose encore majoritairement sur de petites exploitations, souvent familiales, mais le manque de relève pèse lourd face aux départs des anciens.
Plus que jamais, renforcer notre autonomie alimentaire et protéger nos vergers contre les ravageurs et virus sont des combats essentiels pour reprendre la main sur notre assiette et préserver notre souveraineté alimentaire.


Et ce schéma perdure : d’après l’INSEE (2023), 80 % des terres agricoles en Guadeloupe sont encore consacrées à l’exportation. 
En 2021, La Guadeloupe importe depuis la France hexagonale 70% de ses produits (hors produits pétroliers). 
"Les approvisionnements métropolitains recouvrent de nombreux produits :77 % des importations de denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac proviennent de France hexagonale,
70 % des équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique,
54 % du matériel de transport,
75 % des autres produits industriels.

Derrière la France métropolitaine, l'Union européenne (hors France et produits pétroliers) est le second fournisseur de la Guadeloupe avec 14 % des importations. "
(source INSEE)

Pas étonnant qu’on dépende autant de l’extérieur : la grande distribution, qui tient une bonne part du marché, s’alimente surtout via des circuits internationaux bien huilés. 

Les freins structurels et économiques

Selon le rapport de l'Agreste en date de septembre 2024, en 10 ans, le nombre de producteurs a baissé de 18% et la production a chuté de 50%.
Pour les jeunes qui veulent se lancer dans l’agriculture, c’est souvent mission impossible : pas de terre, pas d’eau, pas de financements. Par conséquent, une relève en péril, des savoir-faire qui se perdent, et une dépendance alimentaire qui continue de grandir. Les produits transformés, surgelés ou importés ont la cote.

On en parle ou pas ? Nous vivons sur une île où tout pousse, tout sent bon, tout est frais… et pourtant, près de 80 % de ce qu’on mange sort d’un conteneur arrivé par bateau.
Ce n’est pas la terre qui est pauvre, mais plutôt nos choix de société qui freinent le retour au local. Il y a un phénomène intéressant constaté surtout dans le sud de la France / le sud de l'Europe... la montée de la culture de fruits exotiques. 

A lire ici ↴
Lien 1   //   Lien 2   


Et une dernière vidéo : 


À long terme, quelles seront les conséquences ? Les entreprises qui ont tout misé sur l’exportation pourront-elles assurer leur pérennité ? L’attrait touristique de notre culture culinaire risque-t-il d’en pâtir ?

Beaucoup ont déjà lancé le mouvement, et petit à petit les consciences s’éveillent. Mais il faut que ça continue, et surtout qu’on soit de plus en plus nombreux à s’engager. C’est ensemble qu’on peut changer les choses, pour qu’un jour on ne puisse pas dire « on ne savait pas » ou accuser les autres : car nous sommes, chacun, acteurs de nos vies mais surtout de l'impact sur notre futur. 


Commentaires

  1. Salut ! Merci pour ce rappel c'est important. Les reportages sont très intéressants ,comme quoi le changement climatique n'est pas forcément un inconvénient pour certains.

    RépondreSupprimer
  2. J'ai découvert ton article sur twitter et je suis en plein dedans. Je reprends mon jardin en main il est petit mais je m'organise
    Merci pour l'article

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Articles du moment